Randonnée du jeudi 18 mars 2021 à Vallègue

Vallègue le 18 mars 2021

C’est par une après-midi froide et venteuse que nous avons parcouru petites routes et chemins entourant le village de Vallègue. L’origine de ce nom vient de l’occitan valège, val=fossé et ege=jument. Le site d’implantation du village est donc à l’origine un lieu aplani préparé pour le dépiquage des céréales par des juments. Édifié au cœur du village se trouve un château du XIII°, qui a appartenu au fil des siècles à d’illustres propriétaires tel que le Général d’empire Jean Dominique Compans.

Avec sa cave voutée de style gothique toulousain et sa longue façade en briques foraine, cette ancienne forteresse médiévale ne comptait pas moins de 7 tours. Aujourd’hui une seule subsiste à l’angle nord-ouest de la bâtisse. Le tour du lac de Vallègue a été aménagé en 2019 avec des panneaux pédagogiques, des agrès sportifs, tables et bancs, ainsi qu’une nouvelle passerelle. Ce lac agréable est un lieu apprécié par les pécheurs ainsi que par les promeneurs.

Après une petite grimpette nous sommes arrivés sur une crête ou par temps dégagé la chaine pyrénéenne peut être admirée, mais aujourd’hui seules les éoliennes de Calmont et d’Avignonet ainsi que quelques petits villages pouvaient être aperçus. Sur cette crête se trouve la ruine de la tour du télégraphe de chappe qui était un sémaphore émettant des signaux pouvant être vus à plusieurs centaines de kilomètres.

Nous sommes ensuite remontés au village en empruntant un sentier débouchant sur un chemin de ronde qui surplombe le lac.

Marie Odile

Et maintenant la chronique de Philippe

Va les guérir à Vallègue!

En cette période pandémique, les randonneurs d’Escalquens, qu’ils soient, comme ce jeudi 18 mars 2021, à Vallègue ou ailleurs, ne doivent pas tomber dans la.. maladie. Pour rester debout, malgré les obstacles, les changements d’orientation et l’épais brouillard médiatique, ils doivent rester philosophes et forcer la chance : un des grands hommes de notre histoire peut leur montrer le chemin !

La loterie a ses origines dans la Rome antique : l’empereur Auguste la créera pour augmenter les recettes de son empire sans augmenter les impôts (déjà…!) et accroître sa popularité. Elle disparaîtra pendant plus d’un millénaire. Au début du XVIème siècle, le roi de France, François 1er, la découvre en Italie lors de ses campagnes militaires et l’implante dans son royaume (« la blanque » car les tickets étaient blancs) pour se procurer des revenus et « pendant que mes sujets s’y livreront, ils oublieront fort à propos de s’injurier, de se battre et de blasphémer Dieu ».

 

Pendant plus de deux siècles, les loteries, organisées par le gouvernement ou des particuliers, seront très populaires.

En 1728, Voltaire à 34 ans. Il revient d’un exil en Angleterre, après une jeunesse tumultueuse et des écrits qui lui ont valu deux séjours à la Bastille. Il lui faut être indépendant financièrement, sans mécène. Or le gouvernement vient de mettre en place une nouvelle loterie pour inciter les Français à acheter des obligations afin de financer les dépenses du royaume : l’achat d’une obligation permettait d’acheter un billet de loterie au prix du millième de celui de l’obligation. Les gagnants, tirés au sort, empochaient une somme faramineuse (l’équivalent de plusieurs millions d’Euros).

Mais le pouvoir n’avait pas la bosse des mathématiques : le tirage du gros lot ne dépendait pas du prix de l’obligation ! Voltaire fait alors équipe avec un expert en probabilités et ils acquièrent toutes les obligations les moins chères avec les tickets de loterie associés peu couteux : pendant plusieurs années ils accumuleront logiquement les gains. Quand le pouvoir royal s’en apercevra il les traduira en justice mais ils seront blanchis, aucun acte illégal n’ayant été commis !

Fortune faite, Voltaire pourra se consacrer à l’écriture et à défendre de justes causes. Le plus connu de ses combats sera pour un Toulousain, Jean Calas.

Jean Calas est un marchand protestant. Il vit rue des Filatiers au cœur de la ville ultra-catholique qu’est Toulouse en cette année 1762. Son fils aîné est retrouvé pendu dans la maison familiale. Selon la rumeur publique, les enquêteurs et les juges, le père est accusé d’avoir tué lui-même son fils car ce dernier aurait voulu se convertir au catholicisme. Il sera condamné, clamera jusqu’au bout son innocence et sera exécuté en place publique avec un luxe de cruauté.

Deux mois plus tard, est célébrée dans tout Toulouse, comme tous les ans depuis 1562, la fête dite de la Délivrance qui commémore le massacre dans cette ville de 4 000 protestants et la fuite de ceux qui y ont échappé…c’était le tout début des Guerres de Religion. Vallègue “gagnera le gros lot” avec le 1567: c’est l’année où les protestants, en représailles, dévasteront le village et en particulier l’église

La fête de 1762, outre le fait que ce soit son bicentenaire, aura un faste particulier suite à cette condamnation. Cette macabre célébration sera interdite par les révolutionnaires en 1791. Toulouse était dans le royaume la capitale de l’intolérance et du fanatisme religieux!

Voltaire, qui est devenu le grand philosophe des Lumières, est informé: ses actions et écrits conduiront à la réhabilitation de Jean Calas trois ans plus tard.

La loterie disparaîtra à la Révolution, en 1794 ( jugée immorale), mais sera rétablie quelques années plus tard (le besoin d’argent de l’Etat!) puis sera de nouveau supprimée en 1836. Elle fera son grand retour en 1933, sous le nom de Loterie Nationale, pour contribuer au redressement financier du pays suite à la terrible crise économique des années 1930. A la fin des années 1970 elle transmettra son savoir-faire et sa rentabilité à La Française des Jeux qui créera d’autres jeux de hasard tel le Loto.

Les marcheurs d’Escalquens gagnent le gros lot à chacune de leurs sorties: une belle randonnée conviviale!

 

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