Randonnée du jeudi 11 mars 2021 au Lac de la thésauque

Randonnée du 11 mars 2021 au Lac de la Thésauque

Ce jeudi 11 mars 2021, nous étions 33 randonneurs prêts à prendre l’air mais aussi, grâce à une température printanière, les eaux, à commencer par celles du lac de la Thésauque. Mais il fallut rapidement se rendre à l’évidence, les pédalos resteraient à quai. Faute de croisière, nous avons pris les chemins de terre, sans la moindre boue pour pouvoir patauger. Les Pyrénées nous proposaient la neige de ses hauts sommets, mais pour y aller il nous aurait fallu arrêter le temps ..qui s’écoule sans répit. Nous ne nous sommes pas attardés au lieu-dit Marseille, pas de mer en vue. Objectif suivant, le village de Montgeard.

En y arrivant, séquence nostalgie en traversant une forêt de 200 arbres de la liberté, plantée en 1989, un temps lointain où nous étions libres de tout mouvement, tout le temps! Nous avons parcouru les rues de cette bastide du début du XIVème siècle

: malheureusement, depuis longtemps, ses fossés défensifs ont disparu, eux et l’eau qu’ils contenaient. Un dernier espoir, la monumentale église de l’âge d’or du pastel, début XVIème siècle, et son magnifique bénitier taillé dans du marbre de Carrare daté de 1516

: ô désespoir, il était vide! Mais il nous a mis l’eau à la bouche pour revenir et visiter les autres merveilles contenues dans cet édifice, notamment quatre panneaux en albâtre, faits en Angleterre au XVIème siècle, et les pierres tombales des marchands pasteliers qui ont financé son édification.

Les portes des villes allaient bientôt se fermer, il fallait vite rentrer, avant le couvre-feu! Pour rejoindre le point de départ, ce fut la descente périlleuse, au bord du précipice creusé par un ruisseau, aucun randonneur n’ayant eu l’audace d’y faire du canyoning.

Tous les participants, sans exception, sont revenus à bon port, sains et saufs.

Malgré l’absence de distractions aquatiques, nous nous l’avons néanmoins coulé douce cet après-midi là!

Chronique de notre ami Philippe

Que tu n’ailles où? Pas à Nailloux!

Aujourd’hui, c’est le jeudi 11 mars 2021 et le temps de liberté est toujours compté pour les marcheurs d’Escalquens: puisqu’ils ne peuvent pas courir vers l’avenir, ils se sont échappés dans le passé, à Montgeard.

Ce village a été fondé en 1317 et il a eu un nouveau voisin un an plus tard, Nailloux, que nous avons pu voir à l’horizon plusieurs fois pendant notre escapade. Ils sont tous les deux nés de la volonté politique d’un roi de France, Philippe V dit « le Long ».

Ce sont des bastides: durant les 13ème et 14ème siècles les rois de France en créeront  400 dans tout le Sud-Ouest. Il y en a une douzaine dans le Lauragais et les plus proches de nous sont Revel, Villefranche-de-Lauragais, Saint-Félix-Lauragais, et, comme leur nom l’indique, Villenouvelle et Labastide-Beauvoir.

Le Lauragais a été au cœur du catharisme aux XIIème et XIIIème siècles. Après avoir éliminé par les armes les « hérétiques » lors de La Croisade des Albigeois, le pouvoir royal « du nord de la France » utilisera une autre arme redoutable pour annexer définitivement le comté de Toulouse: la fille du comte de Toulouse, Jeanne, devra épouser à l’âge de 14 ans un frère du roi de France, Alphonse de Poitiers (il fallait s’y prendre très tôt pour ne pas rater ce coup politique majeur!).

  Lorsque tous les deux meurent, sans héritier, en 1271, au retour d’une autre croisade (celle-là contre les musulmans qui occupaient la Terre sainte à Jérusalem), notre région est intégrée au domaine royal français. Pour établir durablement cette nouvelle autorité, les rois de France vont créer des villes nouvelles, qui serviront également de points d’appui militaires: les bastides.

Pour y attirer les habitants, venus des campagnes qui se repeuplent après plusieurs siècles de décroissance, le pouvoir leur propose une administration locale autonome, conduite par des consuls choisis parmi la population, avec un allègement des poids féodaux et religieux. Les bastides sont construites sur des espaces souvent vierges ou peu occupés, à partir de standards d’urbanismes précis. Elles sont de forme rectangulaire, avec des rues droites qui se coupent perpendiculairement. Le centre est occupé par une halle et un beffroi équipé d’une cloche (qui annonce les réunions des consuls ), autour desquels sont implantées des galeries couvertes: ce sont les bourgeois, les commerçants, les pasteliers qui ont désormais le pouvoir! L’église, et à travers elle l’autorité religieuse, n’est plus au coeur de la cité. De même, les châteaux forts, symboles du pouvoir seigneurial, sont hors de la bastide. Entre les rues, dans un souci d’égalité sociale, sont implantés des lots identiques avec une maison d’habitation côté rue et un potager à l’arrière (pour s’alimenter en circuit très très court!).

Des murailles et des fossés protègent la cité. Ces dispositifs défensifs seront utiles car il n’y aura pas de destruction majeure ni pendant la Guerre de Cent Ans ni pendant les Guerres de Religion, ce qui est très rare dans le Lauragais.  

Nous avons pu observer en traversant le village des vestiges vieux de sept siècles de chacune de ces caractéristiques d’aménagement urbain.

Mais Montgeard et Nailloux sont très proches l’une de l’autre (moins de deux kilomètres), trop proches: cette dernière, créée parce que les habitants du lieu sont jaloux de leurs nouveaux voisins, jouera un rôle beaucoup plus important que son aînée. Aujourd’hui encore, Nailloux est huit fois plus peuplée.       

Néanmoins la faste période du pastel, de 1450 à 1550, permettra de doter Montgeard d’une magnifique et monumentale église, toujours resplendissante, et d’un château qui lui a été en partie démoli au XIXème siècle.

Les marcheurs d’Escalquens ne sont pas des arpenteurs avec des projets immobiliers en tête, mais ils arpentent tous les chemins de la contrée, souvent en pente!  

 

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